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Ski, snowboard, raquettes… Être bien couvert pour les sports d’hiver

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Les vacances à la neige approchent. Mais les sports d’hiver comportent des risques. Êtes-vous sûr d’être bien couvert par votre assurance ?

sommaire

Vraiment indispensable : la responsabilité civile

Indispensable : l’assistance et rapatriement

Utile : l’annulation du séjour, le vol ou la casse du matériel

Pas très utile : l’absence de neige et les intempéries

 

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Moments de détente, les sports d’hiver comportent aussi des risques et nécessitent quelques précautions : reprendre une activité sportive les semaines précédant le départ ; s’échauffer avant chaque sortie ; se munir d’un casque ; relire les règles de bonne conduite sur les pistes édictées par la Fédération internationale de ski… Et ne pas oublier le numéro de son assureur !

Car on n’est jamais à l’abri d’une mauvaise surprise : de l’entorse à l’accident grave, être bien couvert se révèle indispensable. Les offres des assureurs en la matière sont multiples et, au cours de votre séjour, les occasions de souscrire de nouvelles garanties ne manqueront pas.

Assurance vol, assurance casse, assurance neige…

Si vous louez du matériel, on vous proposera immanquablement une assurance en cas de vol ou de casse. Sur les pistes, vous serez également confronté à la question au moment de l’achat de votre forfait : avec ou sans assurance ?

Mais faut-il vraiment souscrire toutes ces assurances ? Êtes-vous sûr de ne pas déjà être couvert grâce à votre assurance multirisque habitation ou à l’assurance comprise dans votre carte bancaire ?

Depuis quelques années, se sont également développées des assurances spécifiques vous couvrant si la neige venait à manquer à la période pour laquelle vous avez réservé. Ces nouvelles garanties sont-elles vraiment utiles ?

Vraiment indispensable : la responsabilité civile

Avant de chausser les skis, la principale chose à vérifier est que vous possédez bien une assurance de responsabilité civile. Elle est généralement incluse dans votre assurance multirisque habitation, mais peut aussi l’être dans le cadre de votre contrat de carte bancaire.

Cette garantie est indispensable : rappelons en effet que chacun est, en principe, responsable des dommages qu’il cause à autrui, que ce soit par sa faute, sa négligence ou son imprudence. Vous êtes également responsable des choses qui se trouvent sous votre garde comme vos skis, une luge… (article 1242 du code civil).

Si vous êtes responsable d’un accident

Vous percutez un autre skieur ou l’un de vos skis vous échappe et vient blesser un marcheur. Vous devrez assumer la réparation financière des dommages causés à la victime. Heureusement, grâce à votre responsabilité civile, ces dommages seront pris en charge par l’assureur. Attention tout de même aux exclusions de garantie ainsi qu’aux éventuels plafonds et franchises prévus par votre contrat.

Si à l’inverse, c’est vous qui êtes percuté par un skieur

Le skieur devra vous indemniser s’il est responsable. S’il ne possède pas d’assurance responsabilité civile ou s’il n’est pas possible de l’identifier, malheureusement, vous n’aurez le plus souvent que vos yeux pour pleurer. Il est toujours possible de saisir le Fonds de garantie, mais son domaine de compétence est extrêmement limité. Son intervention suppose l’existence d’une infraction pénale et des dommages graves.

En cas de dommage corporel ou matériel, la responsabilité de l’organisateur du séjour ou de l’exploitant de la station pourra dans certains cas être engagée (voir le dossier Les accidents de ski, publié sur INC-conso.fr).

Indispensable : l’assistance et rapatriement

Autre assurance indispensable, même si elle n’est pas obligatoire : l’assurance assistance et rapatriement. Si des secours doivent être dépêchés sur la piste ou en dehors de la piste pour vous rapatrier, vous risquez de devoir rembourser la commune pour les frais occasionnés.

En effet, les frais de secours et de recherches en montagne ne sont pas couverts par la Sécurité sociale. Les communes assurent cette mission, mais rien ne leur interdit de vous réclamer ensuite un remboursement. Devant la multiplication des accidents et l’imprudence de nombreux skieurs, elles sont de plus en plus nombreuses à choisir cette option.

392 € l’heure de remontée mécanique…

À titre d’exemple, en 2017, la commune du Grand-Bornand facture les interventions de ses sauveteurs sur le domaine skiable entre 59 et 369 € selon les zones, sans compter les frais d’ambulance. Sur le domaine non balisé et non accessible en remontée mécanique, les tarifs peuvent grimper jusqu’à 45 € de l’heure pour l’intervention d’un sauveteur en journée, 32 € pour une heure de rapatriement en motoneige, et même 392 € l’heure de remontée mécanique avec le personnel nécessaire à son fonctionnement.

Avant de partir, contactez la station pour savoir si les frais de secours sont facturés aux clients. Si c’est le cas, relisez bien votre contrat multirisque habitation pour savoir s’il couvre l’assistance sur piste et le rapatriement. Si ce n’est pas le cas, demandez à votre assureur s’il peut l’adapter, à moins que votre carte bancaire suffise.

Pensez à votre carte bancaire

Votre carte bancaire, même s’il s’agit d’une carte classique, prend généralement en charge les frais médicaux et de rapatriement jusqu’à votre domicile. La carte Mastercard couvre aussi les frais de secours consécutifs à un accident survenu sur une piste, mais pas les frais de recherche. Autrement dit, ne comptez pas sur elle pour prendre en charge les frais d’hélico.

En revanche, si vous possédez une carte bancaire haut de gamme (Gold ou Platinum Mastercard, Visa Premier ou Platinum), vous serez mieux couvert car elle prend généralement tous les frais en charge. Vérifiez tout de même que les plafonds de garantie proposés sont suffisants.

Attention, pour certaines garanties, ces contrats imposent d’avoir payé ou réservé avec sa carte les billets de transport, le séjour, les forfaits, la location ou bien les cours de ski.

Plus que recommandé pour le hors-piste

Vous pouvez également souscrire une assurance spécifique proposée dans les stations lors de votre réservation ou quand vous achetez votre forfait. Cette assurance sera d’autant plus indispensable si vous êtes un adepte des sensations fortes, et que vous pratiquez des descentes en dehors des pistes balisées.

Attention, la plupart des assurances (spécifiques ou de carte bancaire) ne couvrent pas les accidents survenus lors de compétitions ou de la pratique de certaines activités comme l’alpinisme, la motoneige, le bobsleigh, le hockey sur glace… De même, si vous skiez hors piste, la garantie pourra être conditionnée au fait d’être accompagné par un guide diplômé. En résumé, il faut vérifier que les garanties seront adaptées aux activités prévues.

Utile : l’annulation du séjour, le vol ou la casse du matériel

Vous devez annuler votre séjour

Une grippe qui arrive la veille du départ, une jambe cassée dès le premier jour de ski ou bien un imprévu familial… De multiples raisons peuvent vous contraindre à annuler votre séjour.

Certaines assurances proposées lors de votre réservation vous garantissent le remboursement du séjour contre le paiement de quelques euros par jour. C’est par exemple le cas de l’assurance « Carré Neige Intégral » d’Europ Assistance, proposée par plusieurs stations alpines, qui promet le remboursement intégral des forfaits et cours de ski achetés à l’avance contre le paiement de 3,50 € par jour et par personne.

Vous pouvez également souscrire un contrat au moment de l’achat de votre forfait. Pour 3,50 € par jour et par personne, le « Carré Neige » proposé au moment de l’achat des forfaits vous couvre si jamais vous ne pouvez pas utiliser votre forfait ou vos cours de ski. Mais là encore, lisez bien le contrat car il existe des exclusions, différents niveaux de prise en charge et des modalités très strictes pour bénéficier d’un remboursement. Par exemple, en cas d’accident vous empêchant de skier ou de maladie, le remboursement ne concernera que les forfaits et cours, pas le coût de l’hébergement devenu inutile si vous devez rentrer chez vous.

Les garanties des cartes bancaires haut de gamme peuvent remplacer ou compléter ces assurances spécifiques, mais il faudra en principe avoir réglé tout ou partie du séjour avec la carte en question.

Vous cassez ou vous vous faites voler vos skis

  • Vous avez loué vos skis, votre snowboard ou des raquettes

Le loueur vous proposera de souscrire une assurance contre le vol ou la casse – généralement d’un montant relativement modeste (1 ou 2 € par jour). Son intérêt vaut surtout si vous louez du matériel récent, susceptible d’attirer les voleurs.

Là encore, si vous avez une carte bancaire haut de gamme, prenez le temps de lire votre contrat : bien souvent, la prise en charge en cas de vol ou de bris du matériel loué est prévue, avec l’application éventuelle d’une franchise et/ou d’une indemnisation maximum.

  • Vous partez avec votre propre matériel

Pour obtenir la prise en charge des frais de réparation ou de remplacement du matériel endommagé ou volé, vous avez deux solutions :

  • vous avez peut-être souscrit une assurance casse et vollors de l’achat de votre matériel, c’est l’occasion de la faire jouer ;
  • vous êtes peut-être couvert par votre contrat multirisque habitation. Il peut prendre en charge, d’office ou le plus souvent en fonction des options souscrites, votre matériel de sport et de loisirs. Peut-être une vérification à faire avant de boucler vos bagages ?

Si c’est un ami qui vous prête ses skis, renseignez-vous avant de partir auprès de votre assureur pour savoir si votre contrat multirisque habitation pourrait jouer et, si oui, dans quelles conditions.

En cas de bris ou de vol, les cartes bancaires haut de gamme peuvent par ailleurs prendre en charge les frais que vous occasionnera la location d’un nouveau matériel, mais attention aux conditions. Par exemple, Visa Premier ne couvre ces frais que si vos skis et chaussures ont été achetés depuis moins de cinq ans, et rembourse uniquement les frais de location pour une durée de 8 jours maximum.

Pas très utile : l’absence de neige et les intempéries

Certaines assurances spécifiques sont censées vous couvrir en cas de fermeture des pistes, soit à cause des intempéries (brouillard, avalanches), soit à cause de l’excès ou du manque de neige. Elles promettent de vous rembourser le coût de l’hébergement, les forfaits, la location du matériel ou encore les cours de ski.

Des conditions difficiles à réunir

Dans les faits, ces assurances imposent des conditions draconiennes très difficiles à réunir pour faire valoir la garantie. Par exemple, la garantie pour « défaut ou excès d’enneigement » du contrat « Carré Neige Intégral » proposé par Europ Assistance n’est valable que sur les domaines skiables situés à plus de 1 100 m d’altitude, pour les départs compris entre le 3e samedi de décembre et le 2e samedi d’avril, et seulement si les deux tiers des remontées mécaniques normalement en service sont fermées « pendant au moins 2 jours consécutifs dans les 5 jours qui précèdent votre départ ». Une franchise de 20 % reste également à la charge du skieur.

Avec les canons à neige, oubliez l’assurance

Or, ce type de situation n’arrive jamais ou presque ! Les stations sont très souvent équipées de canons à neige qui permettent de compenser l’absence de neige naturelle, au moins sur un certain nombre de pistes.

Et évidemment, les petites stations non équipées de canons, ou situées dans des régions susceptibles de ne pas voir un flocon de tout l’hiver, ne proposent pas ce type de garantie. Filez donc tout schuss devant les belles promesses des assureurs…