UFC-Que Choisir de Mont de Marsan

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Téléphonie mobile

Les opérateurs poussent à la consommation

Publié le : 05/05/2021 pare UFC que Choisir Cyril Brosset

 

Bouygues Télécom, Red by SFR et Orange se sont lancés presque en même temps dans de discutables augmentations de tarifs.

 

Deux mois après les dernières augmentations de tarifs, les opérateurs de téléphonie mobile remettent ça. En l’espace de quelques jours, Bouygues Télécom, Red by SFR et Orange ont adressé à certains de leurs abonnés des messages leur indiquant que le tarif de leur forfait allait augmenter de 2 ou 3 € par mois. Comme à leur habitude, les opérateurs ont alerté les clients concernés 1 mois avant l’augmentation de tarif et leur ont proposé en échange une augmentation de leur enveloppe de data. SFR et Bouygues Télécom en ont aussi profité pour « offrir » un accès à leur réseau 5G. Quant à Bouygues, il est même allé jusqu’à offrir ces services pendant 1 mois, avant qu’ils ne deviennent payants. Sauf que cette fois, les opérateurs ont laissé aux clients concernés la possibilité de refuser l’offre qui leur était faite. Il suffit d’en faire la demande sur leur espace client pour rester sur la formule initiale, au même prix.

VENTE FORCÉE ?

A priori, l’intention est plutôt bonne. Sauf qu’en pratiquant de la sorte, les opérateurs contournent la loi. D’ordinaire, quand ils veulent augmenter les tarifs de leurs forfaits, SFR, Bouygues et consorts s’appuient sur l’article L. 224-33 du Code de la consommation. Celui-ci les autorise à modifier leurs offres à condition d’en informer les clients concernés entre 1 et 4 mois avant le changement. En contrepartie, l’abonné a la possibilité de résilier le contrat sans frais dans les 4 mois suivant l’entrée en vigueur de la modification. Cette disposition est censée permettre aux opérateurs de rendre rentables des formules qui ne l’étaient pas forcément, tout en laissant au client la possibilité de l’accepter ou non. Sauf que le fait que les abonnés puissent refuser le changement de tarif montre bien que les opérateurs ont moins l’intention de rendre une offre rentable que de leur forcer la main pour qu’ils souscrivent des services payants. Une telle pratique pourrait d’autant plus s’apparenter à de la vente forcée que cette fois, la possibilité pour le client de résilier son abonnement sans frais n’est pas systématique.